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Ma Beauté Beauté
Je te quitte comme je t'aime
Je mentirais comme je respire
Si je cachais que j'aspire
A une autre vie.
Tu es pourtant bien jolie
La plus belle des sirènes
Je tuerais pour te garder
Si seulement je te voulais
Je suis gâté pourri
Dans une autre vie
Y'a quatre murs qui m'entourent
Et ma tête qui cogne
Ma Beauté Beauté
J'ai l'regard d'un ivrogne
Tu n'aimerais pas ce que je suis
Dans mon autre vie
Des histoires obscènes
Je ne compte plus les jours
Je n'fais plus vraiment l'amour
Je dors longtemps si tu savais
J'pense que personne ne m'aimerait
Même plus toi, ma sirène
Pauvre pantin madrilène
Si tu savais
Se marier dans une pirogue
Dans le sexe et dans la drogue
Tu ne me ressembles pas
Je te vois faire les cent pas
Attendre comme une chienne
Les berlingots de ton enfance
Les sucres et la romance
Je n'ai rien de l’épopée
Rien du prince de tes poupées
Je n'ai pas le vent en poupe
Plus je t'aime, plus je te loupe
Car je n'ai plus envie d'aimer
J'aime mal mais je suis capable
De te dire de t'enfuir
Toi et ton sourire
Va t'en ma beauté
Va t'en Beauté
Tant qu'il est temps
Va t'en loin des obscénités
De ton sang rose, ton amour que j'écrase
Je ne compte pas me retourner
C'est la seule fois où je m'excuse
Pardonne-moi mon chat beauté
Pour tout le mal et pour l'attente
Ne m'attends pas, j'te le demande
Sois seulement intelligente
Prends ton amour et va t'en
Laisse moi vieillir je t'en supplie
Laisse moi tranquille
Car aujourd'hui je t'aime moins
Je t'aime moins
Je t'aime moins
Que l'autre vie.
Je t'imagine
Dans ton inconfort
Me parler
Dans ton inconfort
Je t'imagine
M'imaginer.
Quel goût ai-je dans ma bouche
Comment suis-je habillé
Où regardent mes pieds
Est-ce le plafond ou le sol
Suis-je étendue, agenouillée
Ai-je lavé mon bol ?
Dans ton inconfort
Tu te ballades
Sur ma vie quotidienne
Tu te promènes
Dans mes détails
Car je te manque
Dans les détails.
Tu me parles sous ta fenêtre
Tu as froid, tu n'devrais pas
L'air chaud du radiateur
Ne pénètre t-il pas ?
Non tu as froid
Car je te manque
Tu ne le dis même plus
Tu le constateras
Quand nous serons coupés
Coupés du monde
Coupés du fil du téléphone
Et jetés dans la rue.
Je t'imagine
M'imaginer
Comme je ne veux pas
Comme je ne suis plus
Me prendre comme avant
Comme un amour haletant
As-tu eu le temps d'changer ?
Le voulais-tu seulement ?
Je t'imagine
Dans mon confort
Me servir
Me desservir
Car je n'aime plus
Ce que j'aime
C'est l'inconfort
C'est n'pas savoir
C'est être libre
De renaître
Libre de n'pas être
A la hauteur
De tes attentes
Libre les 30
Février.
Ce que j'aime
C'est les fils coupés
Le cordon de la madone
Le nombril du téléphone
J'aime vouloir
J'aime ma liberté
Dans mon couloir
Ma Volonté qui se ressere
Qui te libère
Qui nous donne congé.
Je t'imagine m'aimer
Prier pour que mes pieds
Regardent le ciel
Mais je suis à genoux
Je suis fatiguée
De devoir te suivre encore
De devoir prier
Dans l'inconfort
De mon amour mort.
Tant pis si je décline
Si t'attends le déclic
Les amants défilent
Les couleurs se fixent
Des odeurs débiles
Des bidons vides
Des films X à faux délices
Deux gros seins à peau lisse
Police.
Mais que veux-tu me dire ?
T'as fini ton voyage ? En première classe ?
T'as vomi tes images ? Y'a les traces ?
Wagon de capotes anglaises
Fallait que ça passe
Elles étaient bonnes ?
Les douches écossaises ?
Les fourre-tout
Les baise-en-ville
Ca fait monter
Le prix du baril
Con comme un barreau d'chaise ?
Ca vole pas haut
Le prix des merguez
Le poireau dans l'eau
Vite entre les jambes
C'est bête quand on y pense
Vide de sens
La queue à la caisse
Fallait que ça cesse
Tous ces bouts de gras sous tes doigts,
Je veux dire ces bouts de vie
Ça t'a fait quoi ?
Et le collagène
Finalement, ça te gêne ?
Les prothèses mammaires,
On y pense quand on s'envoit en l'air ?
T'es tombé parterre ?
T'as plus peur du désir ?
La mère et la pute peuvent-elles se réunir ?
J'ai la marque
De mes mains dans tes mains
De mes doigts dans ta paume
J'ai la marque
De ta paume sur mes seins
J'ai l'empreinte,
J'ai le poids de tes veines
Le manque de tes mains
Autant que je m'en souvienne
La taille de tes mains
Mes mains s'en souviennent
Aucun homme depuis
Ne s'est donné cette peine
La faille des autres mains
C'est qu'elles ne me soutiennent,
Pas plus qu'elles ne gomment
Le souvenir des tiennes
Le poids de tes mains
Quand tu volais la mienne
A n'importe quel prix
Etais-tu responsable
De ma ligne de vie
Moi je marchais comme si...
Etais-je intouchable
À vie
Moi je marchais comme si...
Autant que je m'en souvienne...
J'ai la marque
De ta paume
Large comme
Un lit de reine
Chaude comme
Des draps de soie
Douce comme
Moi.
Autant que tu t'en souviennes...
Du pain au levain
Posé sur la table
Aux repas de famille
J'étais la seule fille
C'est à toi qu'on donnait
Le couteau sur la planche
Et toi qui me tendais
La plus épaisse tranche
Autant que je m'en souvienne...
Je regardais tes mains
Je souriais à ma chance
A l'idée qu'après
Tu les poserais,
Tes mains sur mes hanches
Je regardais tes mains
Je souriais à ma chance
A l'idée qu'après
Tu oserais...
Autant que tu t'en souviennes...
Le poids de ta paume
Pressée contre la mienne
Comme si l'on m'enterrait
Sous un mètre de sable
Comme quand on me flanquait
Dans une tombe improbable
Sous le soleil breton
La dune sous le menton
Les mains des autres hommes
Elles me prennent à moitié
Puis-je compter sur elles ?
Elles, elles, elles vont s'envoler...
Elles sont en retard
Elles fuguent en un clin d'œil
Leurs mains ce sont des cancres
Des tâches sur ma feuille
Autant que je te prévienne...
Autant que je te prévienne...
Je n'aurai plus confiance
J'ai connu d'autres mains,
Des balances
Des incertaines
Des papilllons
Des infidèles mêmes
J'ai connu des maisons
Mais jamais comme la tienne
Comme tes mains
Qui formaient
Tout autour de moi
Une ronde...
Un toît.
Les soucis dans les champs
Les soucis dans les champs
Les soucis dans les champs
Jeter les soucis par les fenêtres
Les soucis c'est du vent, c'est du vent, c'est du vent !
Des champs entiers de soucis
Croyez-vous que c'est joli ?
Croyez-vous que c'est facile
Pour les pistilles ?
Elles se font de la bille
Elles perdent leur pollen
A force qu'on les arrose
De peine et de peine à peine
Le vase fuit
Des bouquets d'ennuis
Je les dépose à la porte
De mes pires ennemis
Mais vous que j'aime d'amour
Qui valez bien le détour
Ne coupez pas les tiges
N'enlevez pas les feuilles mortes
Faites en sorte
De prendre une scie
Pour scier les soucis
Simuler le bonheur
Ça marche, ça prend au cœur
Ça colore, en jaune d'or
Jaune bouton...
Pour éclore,
Eclipser les humeurs
Faucher les mauvaises herbes
Faucher les mines acerbes
Et goûtez au printemps
Goûtez au printemps
Les soucis dans les champs
Les soucis de Marguerite
Puis les soucis de Rose
Les soucis d'Anémone
Et les soucis de Simone
Les soucis de Pâquerette
Ou les soucis
Le silence est d'or
Dors petite fille
Au fil du silence
Tu t'apaiseras
La vérité depose
Un baiser papillon
Sur tes lèvres, elle ose
Jeter l'ameçon…
Je te demande pardon.
Le silence est d'or
Dors petite fille
Au fil du silence
Tu t'apaiseras
La vérité depose
Un baiser papillon
Sur tes lèvres, elle ose
Jeter l'ameçon…
Je te demande pardon.
Je te laisse
Tout ce que je sais
De l'ivresse,
Du vice et de l'impur
Je te laisse
Toutes mes blessures
J'emporterai les tiennes
Dans une grotte en velours
Car nous avons les mêmes
Je ne suis pas sourd
Le silence est d'or
Dors petite fille
Au fil du silence
Tu t'apaiseras
La vérité depose
Un baiser papillon
Sur tes lèvres, elle ose
Jeter l'ameçon…
Je te demande pardon.
Le silence est d'or,
je te donne ma parole
Je ne dirai jamais à personne
Ce que je t'ai fait
Je tâcherai d'oublier l'effet
En un coup de gomme
Un coup de balais
Nettoyage d'automne
Le silence est d'or
Dors petite fille
Au fil du silence
Tu t'apaiseras
La vérité depose
Un baiser papillon
Sur tes lèvres, elle ose
Jeter l'ameçon
Je te demande pardon.
Anouk, nous qui t'avions
demandé de venir
D'obéir
En partie
Anouk, nous qui t'avions
demandé de grandir
De saisir
L' envie
Anouk, nous qui t'avons
demandé de mentir
Et bien pire
Le déni
Anne et Nouki
J'avais pas remarqué
C'est Anne qui me l'a dit
Anouk
Tu me manques
Trop tard, tu es partie
Tu es partie trop tard
Nous avions pris le pli
Mais j'ai plié bagage
J'ai appris à te perdre
J'ai dévalé ce verbe
J'ai rentré mon ventre
Serré les poings
Sans sourciller
J'n'ai rien montré
Noël est passé
Avec ses boules dorées
Cet arbre diabolique
Généalogique
Il en manquait du monde
Tes cadeaux l'an prochain
Tes bottes sous le sapin
Je ne dis rien.
Anouk
A nous quatre
Il faut que l'on trinque
Avoue que c'est pas de bol
Un 30 mai qui s'envole
Un gémeau dans la prairie
Je t'avais marqué
Mais je n'ai rien dit
Sur le calendrier
C'est la fête des mères
Un dimanche pour plaire
A ton père, ton père.
Anouk
J'ai coupé court
A ta conversation
J'ai coupé court
Aux démons.
J'ai dansé le tango
En plein hiver (pendant l'hiver)
J'ai mis des talons haut
J'ai dansé le tango (j'ai coupé court)
Pour que tu sois fière
J'ai dansé le tango,
A Buenos Aires
Anouk, nous qui t'avons
demandé de bénir,
D'honorer
Nos fiançailles
Anouk, nous qui t'avons
Confié un avenir
Tiré à
La courte-paille
Anouk, nous qui t'avons
demandé de fuir
D'annuler
Les retrouvailles.
Anouk, nous qui t'avons
Sommé de déguerpir
De rayer
La possibilité.
(tous textes déposés sacem)
J'ai douté de tout
J'ai douté de toi surtout
Comme c'est doux
Comme c'est doux
Tes yeux qui se posent
Sur mes genoux
Pose-les si tu oses
Un peu partout
comme c'est doux
Nos âmes font des bulles
Elles se tournent les pouces
Elles fixent la pendule
On se la coule douce
“Faut-il faire le deuil ?”,
Disent-elles incrédules
Nos âmes font des bulles
Elles se tournent les pouces
Faut-il faire le deuil ?
Vous feriez match nul
Préparer le cercueil
Sans un mot.
Mais moi je t'imagine
Je te vois de nouveau
Je t'ai prise de court
Je t'ai prise de haut
Mais moi je t'imagine
Et je vois de nouveau
Ta poitrine
Qui dessine
Des ronds dans l'eau.
J'ai donné rendez-vous
A deux trois filles c'est tout
Comme c'est doux
Comme c'est doux
J'ai dit des choses en l'air
Déballé nos tabous
Même si je me perds
Un peu partout
Comme c'est doux
Je garde un maximum
Nos âmes en osmose
Le temps qu'on se pardonne
Que je vive si j'ose
“Faut-il faire le deuil ?”,
Fuir ad libitum
Je garde un maximum
Nos âmes en osmose
Faut-il faire le deuil ?
Le problème se pose
Préparer le cercueil
Sans un mot.
Mais moi je t'imagine
Je te vois de nouveau
Je t'ai prise de court
Je t'ai prise de haut
Mais moi je t'imagine
Et je vois de nouveau
Ta poitrine
Qui dessine
Des ronds dans l'eau.
Toi tu déambules
Sous un soleil en mousse
retires ton pull
Et tu n'as rien en-d'ssous
Tu retires ton pull
Pour que je t'éclabousse
Tu n'as rien en-dessous
Ton espoir jusqu'au cou
Ton espoir jusqu'au cou




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