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Des bouteilles à la mer

Quand j’vois des amoureux se tenir
Par le cou, par la taille, la fermeture éclair
Je ne souris plus, je vois ma tête qui pense
"Ah... ! Vous croyez que ça se passe comme ça ?
Vous croyez que ça dure, ne mentez pas,
Vous y croyez dur comme fer, ça se voit."
 
J’ai croisé quelqu’un
Qui n’y croyait pas
Un qui touchait du bois
Mais c’est pire que l’espoir
Un visage tendu vers le noir
Un qui va toucher l’fond
Le fou du roi
Le dindon
Alors c’est quoi la solution...
 
Jeter des bouteilles à la mer
Une bouteille par continent
Le bateau ivre des amants
Jeter des bouteilles, au fond,
C’est comme pisser dans un violon
 
Faut pas croire que c’est solide
Les bras, les mains, la bouche
Tout ça, c’est la preuve de rien
Comme vous êtes sûrs, comme vous êtes candides
A vos pieds, il y a des vers à la louche
Des maux à la pelle et des rateaux,
Des hommes blessés,
Des femmes involontairement tristes
Regardez-moi ces touristes !
 
Le vent tourne
Tenez-vous bien
Tant qu’il vous pousse,
Agrippez-vous à quoi ça sert
Tout ça c’est de l’air,
C’est du vent,
S’il arrive par derrière
Vous pousse, vous enlève
Vous pose sur un nuage
S’il arrive en pleine face, il n’y a rien à faire
Il a le droit, le vent contraire
 
Jeter des bouteilles à la mer…
 
Ca tourne mal, c’est un point de vue
Car pour d’autres c’est idyllique
Ils viennent d’avoir le déclic
Ils se prennent. Sans hésiter.
Vous êtes déçue le mot est faible
Le vent fut fort, sept à huit nœuds
Je le vois dans vos yeux
La tempête et ses rides
La tempête et ses creux
Des cratères dans le seul cœur
Auquel on ait à faire.
 
Mais votre amour que devient-il ?
Il fait la guerre, il change de file
Il pense qu’à gauche ça va plus vite
Ca va plus vite quand on quitte
Vous êtes du mauvais côté
Du côté des quittés
C’était à droite alors
Qu’il fallait rester
Car votre amour, que devient-il ?
Entre la bosse et la cambrure
Entre la messe et la bavure
 
Jeter des bouteilles à mer…
 
Et votre amant, votre corsaire
En train de rire
De pourrir l’univers
En train de dire les mêmes mots
De reprendre les mêmes photos
Le vent souffle comme hier
Le vent souffle comme il faut
Il a ligoté les ordures
Broyé vos souvenirs
Jeté les larmes par-dessus bord
Jeté les guerres et les remords.
 
Et votre amour, votre ex-bien
Pendu à un autre sein
N’y pensez plus car le vent tourne
N’y pensez plus c’est pas malin
Ca ferait ricochet
Ca sauterait sur les blessures
Pour au final toucher le fond
Le fond de l’air est bien meilleur
Quand on est seul en haut du phare,
Tout seul peut-être, mais peinard.