BerlinJe ne me souviens d’aucun nomDe quartier, de rue, de statue, de rienBerlinJe me souviens de ma première soupeEt du premier matinQuand il faisait froidQuand je suis restée plantée làEn face d’un reste du murJ’étais à l’ouest, il faisait bon te rencontrerEnfin ;BerlinJ’ai vu des photos de toi avantDe 1920 à nos joursJ’ai vu la violence et les femmes aux pavésJ’ai vu ce que StalineA fait mourirPris la mesure du murNo man’s land et les bombes autourUn bout d’église ressuscitéeBleue à l’intérieurEt les bleus sur ton visageEt la peurEt la vie rentrée.BerlinTout neuveJe voudrais te bercerLaver ta mémoireEt balayer tes ruesDes kilos de cendresTraînent derrière ton dosComme une ombreLe visage d’HitlerSa putain de croixSa putain de voixBerlinJe te vois grandirJe te serre dans mes brasNe te soucis plus de rienEt rigole à nouveauComme les gens qui ont souffertTu es belleEt tu n’as rien à prouverTu es celleQue mon cœur protègeTout est clairMaintenant.BerlinJe me souviensDe PostdamDu bar JasminEnfumé comme en 40Je me souviens de cet homme turcAu petit déjeunerSon beau regard à l’ouest des tanksJe repars mais j’ai laisséDe quoi revenirUne clé au 26Je n’ai pas fini de lireBerlinMerci de m’accueillirEncore et encoreJe ferai le murImaginaireJe passerai à l’estA véloJe t’écrirai à l’ouestRien de nouveau.