Oh et puis le Mexique il fallait l’écouter. Tout en saccades. Mais souple. Il fallait les voir sourire. Et prendre la vie comme elle vient. C’est le courage qui nous tient. Je m’encourage. Je mets le courage dans moi. Je me sers de l’animal qui courre pour ne penser à rien. Je fais. J’imite. J’invente. Je donne. Je prends. Je mets mon cœur en mouvement, ma tête, mes bras. Je limite mes pensées à l’essentiel. Je pense donc je fais. J’agis donc je suis. Je devrais nourrir le meilleur au coin de mon être : l’envie.
C’est sec comment tu joues. C’est sec et risqué. C’est loin de me faire peur. C’est que tu prends de la place. Mine de rien. Tu fourres tout dans un plat, tes pieds en premier. Tes pieds et la vase. Moi je partage. Figure-toi que je m’enfonce. Figure-toi que tu me noies. Mais toi t’iras à la pêche. Toi non plus, t’as pas peur de me perdre. À la pêche aux grenouilles, à la pêche aux crocodiles, et je viendrai au bord pour croquer dans la carotte. T’en fais des belles choses. Des promesses qui résistent au froid. T’en fais du boucan, mine de rien. Je sais nager, je résiste au froid mais non d’un chien, quand même. Il n’est pas question de laisser les pattes du canard intactes. Je prends sur moi mais je mords. Fais gaffe.
Je ne sais plus rentrer chez moi. J’ai perdu la route. Je tourne en boucle au carrefour. Je ne choisis aucune direction. Aucune pancarte ne m’inspire. Il faudrait qu’on me pousse.